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Schéma dessiné par Daniel Rousset expliquant le fonctionnement du canal d’arrosage des Sagnes

Technique et histoire des canaux

Le canal d’irrigation des Sagnes

Vannes de bois, tour d'arrosage, dévia : Daniel Rousset décrit un réseau dont dépendait la vie de la vallée.

Utilisée pour l’irrigation ou pour la force motrice, l’eau était recueillie dans divers canaux. Ils étaient parfois creusés dans le sol, parfois maçonnés, parfois même en mélèze avec des tronçons aériens, comme présenté ci-dessous au Barriou. Certains canaux abandonnés ont été transformés en itinéraires de randonnées entre La Chapelle et Les Faures.

L’irrigation

Deux exemples : le canal des Sagnes et le canal de Pré-Clos

Dessin et texte de Daniel Rousset

Schéma dessiné par Daniel Rousset expliquant le fonctionnement du canal d’arrosage des Sagnes

Le canal d’arrosage des Sagnes fait partie du vaste réseau d’irrigation créé par l’homme afin de développer son agriculture, principale ressource économique de la vallée.

Le canal des Sagnes prend le relais de celui des Clos qui vient des Faures. Il serpente en lisière de forêt, au-dessus des parcelles, en direction de La Chapelle, jusqu’à la Roche des Praz.

Depuis le canal principal vers les canaux secondaires le débit est régulé à l’aide d’un système de vannes en bois, appelées « usse » en patois, dont la largeur est précisément établie : cinquante centimètres pour les vannes principales, trente deux pour les autres. De nombreuses ramifications (ou branches) amènent l’eau jusqu’à certains terrains reculés, dans un relief parfois hostile de pierriers qu’il faut colmater, de rochers qu’il faut contourner,….

Une fois l’eau amenée dans le champ, « eïga lou pra », selon un tour d’arrosage, « a péa », déterminé de jour comme de nuit, il s’agit de la faire circuler habilement dans les cultures.

Pour cela, des canaux internes à la propriété ont été créés et en barrant progressivement ces derniers à l’aide du « dévia », lourde ardoise ou plaque de fer qu’on fiche en travers du canal on obtient le débordement de celui-ci et la zone de culture est alors abondamment inondée.

On intervient ensuite de la même façon quelques dizaines de mètres plus loin dans une autre zone.

D’autres cultures, telles que la pomme de terre, «la trufo », sont patiemment arrosées de raie en raie. Base de l’alimentation humaine et animale, cette culture est particulièrement soignée.
Afin de se rendre compte de l’impact de l’arrosage des cultures fourragères telles que la luzerne « la luzerno » ou le trèfle « lou trioulo », il faut savoir que trois coupes successives de fourrage pouvaient alors être réalisées dans la saison.

Quand on sait que cela ne dispensait pas les hommes d’aller récolter du foin dans les alpages d’altitude de Prés-Clos ou du vallon de La Chapelle, autant dire que l’irrigation était vitale pour les habitants de Valjouffrey.

Usse : orthographe à faire valider ( se prononce « UCHE »)
Daniel Rousset