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Extrait du cadastre napoléonien montrant le tracé du canal de Prés Clos

Technique et histoire des canaux

Capter, transporter, stocker, distribuer

Les quatre étapes de l'amenée d'eau jusqu'aux parcelles, expliquées par Jean-Pierre Giret.

Le canal de Prés Clos, ici, sur le cadastre Napoléon

Extrait du cadastre napoléonien montrant le tracé du canal de Prés Clos

Quel que soit le type d’irrigation, l’amenée d’eau jusqu’aux parcelles nécessite quatre étapes :
le captage, le transport, le stockage, la distribution

texte de Jean-Pierre Giret

1- Le captage

Le captage de l’eau dans le milieu naturel se fait par l’intermédiaire de prises situées en amont du périmètre à irriguer.
Le captage de l’eau se fait par une vanne directement située sur une berge du cours d’eau, ou à proximité d’un seuil de dérivation placé en travers du cours d’eau.
Deux grandes catégories de prises d’eau

  • a) La prise d’eau fonctionnant au fil de l’eau qui évite la construction d’un ouvrage transversal à la rivière (seuil de dérivation).
  • b) la prise d’eau avec seuil dérivation
Prise d'eau de la micro-centrale et de la scierie, avec les restes du barrage
Prise d’eau de la micro-centrale et de la scierie, avec les restes du barrage

Seuil de dérivation

Il s’agit d’un ouvrage qui barre la rivière en aval de la prise d’eau de manière à favoriser l’alimentation gravitaire du canal. Le seuil de dérivation a pour objet de relever légèrement le niveau de l’eau. Cet ouvrage est nécessaire dans le cas où la rivière est encaissée et où son tirant d’eau n’est pas régulier. Lorsque le problème des crues est important, le seuil est équipé de parties mobiles sur tout ou une partie de sa longueur. Mais un ouvrage fixe est préférable pour faciliter l’entretien et la gestion.

Seuil et vanne

Vanne de seuil
Vanne de seuil

photos Denis Champollion

2- Le transport de l’eau

Traditionnellement un canal est calculé et construit avec de très faibles pentes (de 1/1000e à 3/1000e).
Le transport de l’eau nécessaire à l’irrigation du périmètre est effectué par un réseau de canaux.
La branche-mère transporte l’eau de la prise au périmètre d’irrigation. Sur ce linéaire il n’existe aucun ouvrage destiné à arroser des parcelles.
À partir de cette branche-mère partent un ou plusieurs canaux primaires, eux-mêmes divisés en canaux secondaires… en fonction du périmètre à irriguer et de la complexité du réseau.
Le transport de l’eau, assuré par ce réseau de canaux, nécessite parfois des ouvrages spécifiques pour franchir des obstacles. D’autres permettent la régulation du niveau, la répartition des débits…
Le transport de l’eau peut être effectué à ciel ouvert lorsque le terrain le permet. Plusieurs cas de figure peuvent alors exister :

  • les canaux en terre sont réservés aux terrains peu filtrants
  • les canaux maçonnés, voire revêtus de bâche d’étanchéité, sont utilisés dans les autres cas.

Selon la configuration du terrain, le canal peut aussi être busé ou enterré.
Le franchissement des obstacles rencontrés sur le terrain amène soit au creusement de galeries, soit à la construction d’aqueducs ou de bâches de franchissement, de siphons…

3- le stockage

Des éléments de stockage n’existent pas de façon systématique sur l’ensemble des réseaux. Dans une moindre mesure, l’eau contenue dans le réseau de canaux par lui-même peut constitue un stockage temporaire.

Des ouvrages de régulation et de répartition

Les ouvrages de répartition servent à distribuer l’eau selon des débits déterminés dans les canaux successifs.
Des vannes de décharge placées à l’aplomb de cours d’eau permettent d’évacuer les eaux en surplus en les restituant au milieu naturel.

4- La distribution

Il s’agit de la dernière phase, celle qui permet d’amener l’eau en tête de la parcelle à arroser. Dans les systèmes gravitaires les plus traditionnels, il peut s’agir de vannes en bois ou métalliques, voire de simples pierres, qui empêchent ou permettent le passage de l’eau dans les rigoles.

Canal maçonné du Barriou

Le canal maçonné du Barriou, avec ses tronçons aériens