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Valjouffrey, évocation

Poème sur Valjouffrey

« Car c'est au Valjouffrey qu'est mon cœur pour toujours » — les vers de Pierre-Marie Fond'Urle, de la Chartreuse au Queyras.

J’ai su la symphonie des forêts de Chartreuse
Entre les hêtres roux, dans l’automne doré
J’ai cru sentir s’éteindre, avec le soir glacé,
Mon âme évaporée dans la mousse soyeuse.

J’ai su l’enchantement du Vercors linéaire
L’extase des matins où tout le corps savoure
La généreuse haleine des pénétrants labours
Et sur la neige bleue les jeux de la lumière.

J’ai su l’Oisans plenier, sauvage et fort ; j’ai vu
Des glaciers lumineux, d’étincelants névés,
Des torrents tapageurs de force tout chargés,
Et le chant du soleil sur le défilé nu.

J’ai su l’amère joie, la solitude claire
Des Alpes de Provence aux collines brûlées,
L’austère Dévoluy, le Trièves pelé,
Et l’Hallucination du haut Queyras lunaire.

Je vous chante et vous sais, monts si divers ; le livre
Que vous m’offrez, si beau, je le veux feuilleter.
Mais ne pensez jamais me pouvoir enchaîner
Sous un seul ciel là-bas maintenant je veux vivre.
Vous ne m’oterez pas l’irrémédiable amour
Car c’est au Valjouffrey qu’est mon cœur pour toujours.

Pierre-Marie FOND’URLE