Suivons les pas de Muriel et Pierre Bernard en route pour Font Turbat
à voir en plein écran


Le livret est sorti prix 5 €
Combien d’aventures héroïques, victorieuses, tragiques parfois, connaissent nos refuges !
Que de noms célèbres ont rêvé sous leur modeste toit, à l’ascension qu’ils préparaient depuis des mois !
Le refuge de Font Turbat a aussi connu ses heures de gloire
lors de la grande époque de la conquête des sommets.
En quelques dates, Jean-Paul Zuanon raconte son histoire.
1875. Premier passage de « vrais » alpinistes dans le Valsenestre (Coolidge à la Muzelle). En l’absence de refuge, ils n’hésitent pas à recourir au bivouac, comme le fera Coolidge le 25 juin 1877 avant de gravir la cime du Vallon
1891. Face à l’afflux (très relatif) d’alpinistes, la commune de Valjouffrey suggère à la Société des Touristes du Dauphiné (STD), la plus active dans l’exploration des montagnes du Haut-Dauphiné à cette époque, de construire deux refuges, l’un au pied de la Muzelle, l’autre à Turbat.
1892-1896. Le projet Font-Turbat est évoqué à plusieurs reprises lors des AG de la STD mais l’argent manque car la Société est engagée dans d’autres opérations.
1897. L’idée est relancée par Mary Paillon, alpiniste lyonnaise, émerveillée par la beauté et les potentialités du site.
1902. Le projet figure toujours officiellement dans les priorités de la STD.
En ce début du 20ème siècle, des alpinistes commencent à lorgner sur l’immense face nord-ouest de l’Olan, tout en déplorant la longueur de la marche d’approche.
1917. Paul Guiton, grand amoureux du Valjouffrey, insiste à nouveau sur l’intérêt d’une telle réalisation qui permettrait de développer l’alpinisme et l’excursionnisme dans la vallée (article dans la revue La Montagne).
1921/1922. Projets plus ou moins concurrents du CAF et de la STD. C’est finalement le CAF, entrainé par Guiton, le géologue Lory, président du CAF Isère et le guide Célestin Bernard qui l’emporte. La commune a cédé le terrain nécessaire.
Eté 1922. Le chantier, confié à Célestin Bernard, est bouclé en quelques semaines..
Juillet 1923. Inauguration officielle… à distance. Les personnalités se limitent aux festivités à l’hôtel Cros au Désert. Un groupe de 14 courageux gravit l’aiguille d’Olan le lendemain
Eté 1934. La face nord-ouest est gravie par la cordée Devies-Gervasutti
Eté 1949. Grosse opération de sauvetage dans la voie de l’arête nord suite à l’accident survenu à l’alpiniste grenoblois Voltram
Août 1956. Ouverture de la voie Couzy-Desmaison en face nord-ouest, plus difficile que la Devies-Gervasutti.
Fin des années 50, on commence à se plaindre de l’inconfort, de l’état du matériel…
Jean Morel, à l’époque une des figures de l’alpinisme matheysin et par ailleurs inspecteur du refuge, commence un travail de persuasion auprès du CAF : il faut un nouveau refuge. Premières études sur le terrain en 1959
Fin de l’été 1962. Construction d’un bâtiment préfabriqué, un peu en contrebas du précédent. Travaux rapidement menés grâce au recours à l’hélicoptère.
Inauguration officielle le 30 septembre en présence de Lucien Devies , président national du CAF, du préfet Doublet et de nombreuses personnalités.
Juillet 1963. Les premiers gardiens prennent possession des lieux.
1990. Gros dégâts sur les deux refuges pendant l’hiver. Première saison de gardiennage pour Brigitte d’Halluin qui établira ensuite un record difficile à battre (13 ans)
1992. Festivités pour les deux refuges, l’un est devenu septuagénaire et l’autre trentenaire
2004. Prise de fonction d’une autre gardienne emblématique, Sophie Donnet (dix saisons)
2022. Les refuges, témoins muets d’une belle histoire alpine et humaine, sont toujours là.


